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et cavaliers qui n’avaient point pris part à la révolte fussent répartis dans les autres corps de troupes de l’arrondissement du Cap-Haïtien. Cet acte annonça en même temps la mort d’Izidor Gabriel.

Boyer devait une réparation d’honneur au chef de bataillon B. Narcisse : il le manda au Port-au-Prince, le rétablit dans son grade en le comblant de prévenances. Il y fit venir également le chef d’escadron Denis André qu’il plaça au Fort-Liberté, en le félicitant de sa belle et patriotique conduite[1].

On prétendit à cette époque, que cet officier lui fit connaître toutes les ramifications de la conspiration. On disait encore que l’arpenteur Beaugé, gendre du général Quayer Larivière, s’étant brouillé avec son beau-père, était venu de la Grande-Rivière le dénoncer à Boyer, comme étant l’un des auteurs, sinon le chef, de cette conspiration dont le but était de le renverser du pouvoir et d’acclamer le général Guerrier[2]. Le paragraphe de la proclamation du 31 janvier où le Président dit que « depuis quelque temps le gouvernement était instruit que des ambitieux machinaient sourdement, etc., » semble donner créance à ces traditions orales de l’époque ; mais nous ne les citons que comme telles, sans les garantir.

Quoi qu’il en ait été, il est à remarquer, pour la suite de ces Études que nous faisons de notre histoire nationale, que la facilité et la promptitude avec lesquelles la révolte d’Izidor

  1. Denis André, toujours bon citoyen, devenu général de division, est mort an Port-au-Prince, en décembre 1852.
  2. Beaugé fut élu représentant en février 1837 et devint colonel aide de camp du général C. Hérard aîné, — Quayer Larivière mourut le 16 novembre 1836, âgé de 73 ans ; la veille, il écrivit une deuxième lettre a Boyer, car en octobre il lui en avait écrit une autre pour l’informer de la grave maladie dont il était atteint, et le Président avait envoyé un officier auprès de lui pour lui porter des paroles de consolation. C’est à sa mort que le général Monpoint devint commandant de l’arrondissement de la Grande-Rivière.