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tir à ce que le contrat fût passé entre le secrétaire d’État Imbert et la maison E. Lloyd et Cie ; mais en stipulant que cette maison et les banquiers Reid, Irving et Cie prélèveraient « les commissions d’usage, » ce qui revenait au même, que de les détailler par des chiffres pour chaque opération[1]. La « lettre de crédit » fut donnée au gouvernement qui la remit à M. Dupetit-Thouars. M. Lloyd intervint auprès de lui avec le contrat en mains, pour lui prouver qu’il pouvait l’accepter en toute sûreté.

Mais cet officier avait une autre mission, celle de s’enquérir des ressources de la République. La lettre de crédit lui prouvait déjà qu’elles étaient fort bornées. Le Président avait nommé une commission pour conférer avec lui à ce sujet, et le convaincre de leur exiguïté ; elle était présidée par le général Inginac et composée des sénateurs J. F. Lespinasse, Viallet et B. Ardouin. Les conférences eurent lieu en l’hôtel du secrétaire général. M. Dupetit-Thouars qui, dans sa première mission de 1821, avait entendu parler de sommes fabuleuses laissées par H. Christophe et dont la République aurait profité, plein de cette idée, croyait difficilement à ce que la commission lui disait de la situation financière du pays. Le général Inginac fut alors assez bien inspiré, dans l’une des séances, pour écrire une lettre, en sa présence, à l’archiviste de la Chambre des communes afin d’avoir, séance tenante, tous les comptes généraux

    tère assez soupçonneux du Président lorsqu’il s’agissait de quelque affaire d’argent, avait prié le senateur J.F. Lespinasse et moi, de nous rendre chez lui pour assister à un entretien qu’il eut avec M. E. Lloyd, au sujet de la letter de crédit et de l’arrangement y relatif. Ensuite il nous engagea à aller evec lui au palais, afin de témoigner au Président qu’il avait discute les intérêts de l’État.

  1. M.E. Lloyd et son associé A. Dupuy durent se rendre au palais, afin de se fure entendre et de terminer l’arrangement avec Boyer personnellement. Le contrat fut passé le 11 janvier ; le secretaire d’État s’y reserva la faculté d’expédier directement à MM. Reid, Irving et Cie, des sommes en traites sur l’Europe ou en especes monnayées que l’Etat allait avoir par la loi sur le payement des droits d’importation en monnaies etrangères.