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île ; il eût fallu en faire beaucoup plus pour y avoir des bœufs de trait indispensables dans une telle entreprise.

Les idées du gouvernement étant alors tournées vers ces grandes exploitations qui fructifiaient par le haut prix de l’acajou à l’étranger, un avis du secrétaire d’Etat essaya de réglementer l’autorisation accordée aux navires étrangers d’aller se charger de ce bois sur les côtes ; et trois semaines après, un arrêté du Président retira cette autorisation, non-seulement pour réserver aux caboteurs Haïtiens le transport du bois dans les ports ouverts, mais parce que les consignataires des navires étrangers profitaient de l’autorisation pour faire débarquer en contre bande des marchandises exotiques ; tel fut du moins un dés motifs allégués dans l’arrêté présidentiel. Il se présenta cependant des cas où, sur les côtes du voisinage de Santo-Domingo surtout, il était prouvé que les caboteurs ne pouvaient enlever d’énormes billes, à cause de la faible capacité des bâtimens servant au cabotage.

Deux autres arrêtés du Président ordonnèrent, l’un, la prompte confection déjà ordonnée du cadastre des biens domaniaux, lequel ne fut jamais entièrement exécuté ; — l’autre, que les particuliers qui occupaient sans titre des terrains du domaine dans les campagnes, seraient tenus de les affermer de l’administration ou d’en faire l’acquisition dans le délai d’un mois, sous peine d’être évincés. Un troisième arrêté détermina les jours de fêles légales pendant lesquels les bureaux publics seraient fermés. C’étaient d’abord les fêtes nationales établies par la constitution, — celles de l’Indépendance, de l’Agriculture et de la Naissance de Pétion, puis les Dimanches, les Jeudi et Vendredi Saints, la Fête-Dieu, la Saint-Jean, la Saint-Pierre, la Toussaint,