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ses membres, elle a toujours admis dans son sein les officiers ministériels que la circulaire du grand juge voulait en écarter par un abus de l’interprétation, il dit : « Tout doit demeurer dans l’ordre tracé dans le livre de la loi, jusqu’à ce que la révision tant désirée vienne enfin donner un nouvel être à nos principes et les rendre plus vivaces. Osons donc, législateurs, osons remplir un devoir sacré, celui de conserver au vote électoral son influence sur les libertés publiques. Sauvons le gouvernement constitutionnel du danger de l’interprétation ; rappelons-nous sans cesse que la responsabilité des grands fonctionnaires est la sauvegarde des garanties sociales : si elle est illusoire, la constitution est en péril. Que recevant de nous un généreux et salutaire avertissement, ces dépositaires de l’autorité n’approchent de l’arche sainte des droits et du devoir qu’avec le respect religieux que la patrie leur impose ; qu’ils reculent à l’idée d’y porter une main téméraire ; qu’en secondant les nobles intentions d’un chef qui ne saurait avoir de plus grandes passions que celles du bien public, ils n’oublient jamais qu’ils doivent être ses conseillers fidèles, qu’ils doivent attacher leurs noms à la gloire de son administration, en la conservant pure comme son patriotisme, qu’ils doivent en un mot faire de l’harmonie le bien universel de l’Etat !… » Et l’orateur termina son discours en demandant que le grand juge fût appelé en comité général, pour être entendu sur l’objet de sa circulaire.

À défaut d’orateur du pouvoir exécutif, ce fut Milscent qui prit immédiatement la parole pour répondre à H. Dumesle, par un discours écrit qui remplit six colonnes du Bulletin des lois : il avait entendu celui de son collègue précédemment, et il put ainsi préparer sa réponse. Il s’ap-