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lui adressèrent par une lettre. Ils relevaient son tort avec vigueur et irrévérence pour son autorité réelle, en prétendant dans le mémoire : que, l’absence de l’archevêque Pedro Valera équivalait « à une mort civile, » qui laissait vacant l’archevêché, et que c’était à l’évêque de Porto-Rico, comme suffragant, à donner des ordres aux curés d’Haïti ; sinon, et si le gouvernement n’y consentait pas, ces curés devaient rester tous indépendans les uns des autres pour se diriger par les lois générales de l’Eglise et par les maximes des Saints-Evangiles. Par leur lettre, ils menaçaient l’abbé Salgado de la publication du mémoire, s’il ne se rétractait pas, à propos du titre qu’il avait indûment pris. Or, si en cela il avait erré, il n’était pas moins le supérieur régulier de ces prêtres en sa qualité de vicaire général de l’Ouest et de l’Artibonite, d’après sa nomination par l’archevêque Pedro Valera. Il se plaignit au Président de l’irrévérence commise envers lui, et les juges de paix des communes desservies par ces prêtres reçurent l’ordre du grand juge, de leur déclarer, qu’ils cessaient d’être curés. Mais ces magistrats comprirent mal cet ordre, en leur disant qu’ils cessaient d’être prêtres, par la volonté du gouvernement. Émus d’une telle décision, ils se rendirent à la capitale et adressèrent à Boyer une supplique à ce sujet. Le Président chargea le grand juge de présider une commission composée de MM. Rouanez, J. Elie et B. Ardouin, et de les mander à son hôtel pour être entendus.

Ces prêtres persistèrent dans leurs prétentions de considérer l’archevêché comme vacant, ce qui, selon eux, annulait de droit les pouvoirs de vicaire général donnés par l’archevêque à l’abbé Salgado, pouvoirs qu’il n’appartenait pas au Président de continuer, dirent-ils, et que cet abbé aurait dû l’éclairer sur ce point, au lieu de lui avoir porté