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les faits antérieurs, toutes les phases des négociations suivies entre les gouvernemens d’Haïti et de France, depuis l’acceptation de l’ordonnance de Charles X. En parlant de la dernière mission de M. Saint-Macary, qui avait pour but « de demander des avantages relatifs à l’introduction de nos denrées expédiées pour notre libération, » Boyer disait :

« Cet agent avait ordre de ne séjourner qu’un mois à Paris. Il n’avait même pas été encore admis à discuter les propositions qu’il était chargé de faire, lors de la révolution qui renversa du trône la maison des Bourbons. Si, par cet événement, il fallait nécessairement d’autres pouvoirs à ce commissaire pour être en droit de continuer sa mission, on conçut ici néanmoins les plus grandes espérances sur les avantages du système libéral que devait naturellement adopter à notre égard la France régénérée. En effet, pouvait-on avoir une autre pensée, en voyant appeler à la tête du gouvernement de ce royaume les hommes remarquables qui, tant de fois à la tribune comme par leurs écrits, proclamaient des principes en faveur d’Haïti, et considéraient sous un point de vue plus élevé les relations entre Haïti et la France, condamnaient hautement les exigences du gouvernement déchu ?

» Contre cette attente, l’agent haïtien prit sur lui d’outrepasser sa mission. Il est revenu ici, après une absence de plus d’une année, apportant deux traités contenant des conditions auxquelles il n’était pas autorisé à souscrire, et que par conséquent je ne pouvais pas ratifier.

» Haïtiens ! le consul général de France, par intérim, a déclaré, à cause de ce refus de ratification, que les relations d’amitié entre la France et Haïti ont cessé. Que de réflexions cette étrange déclaration fait naître ! Le sort d’Haïti pouvait donc dépendre d’une convention signée