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sent à ratifier les deux traités signés à Paris, le 2 avril dernier, par MM. Pichon et Saint-Macary.

» Le soussigné à l’ordre de rappeler à M. le Consul général, que S. E. lui a déjà fait connaître, dans l’audience qu’elle lui a accordée, que cette ratification n’aura pas lieu. Les motifs de la détermination du gouvernement d’Haïti seront exposés dans une dépêche qui va être incessamment remise à M. Pichon fils pour le gouvernement français.

» Le soussigné profite de cette occasion pour assurer M. le Consul général de sa haute considération.

« Signé : B. Inginac. »

Mais le même jour, M. Molien répliqua ainsi :

« Monsieur le Secrétaire général,

» Je m’empresse de répondre à votre lettre de ce jour. Les motifs que le gouvernement haïtien se propose de prêter à son refus de ratifier les deux traités définitifs du 2 avril, ne pouvant, quels qu’ils soient, être accueillis par le gouvernement de Sa Majesté, ni changer sa résolution, M. Pichon ne se chargera pas de les transmettre. Veuillez donc, Monsieur, choisir une autre occasion pour faire passer vos dépêches.

» Tout en vous exprimant pour la dernière fois, Monsieur, le regret que les relations de bonne amitié qui subsistaient depuis cinq ans entre la France et Haïti aient cessé si tôt, je me félicite en même temps que le bon droit soit resté de notre côté. Il ne me reste plus qu’à vous prier, Monsieur, de réclamer auprès de M. le Président sa protection efficace pour ceux de mes compatriotes que leurs affaires pourraient retenir encore quelque temps à Haïti, malgré mes avis pressans.

» Agréez, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.

 » Signé : Molien. »