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laissées en souffrance ; dans ces deux cas, je vous donne la latitude d’adhérer à l’une ou l’autre de ces combinaisons. »

Enfin, le Président avait dit à M. Saint-Macary : « Je limite à un mois la durée de vôtre séjour à Paris ; mais vous sentez trop de quelle importance il est pour les gouvernement de la République d’être informé au plus tôt de l’issue de votre négociation, pour ne pas accélérer encore votre retour, si les circonstances vous le permettent, et pour ne pas profiter, en attendant, de toutes les occasions qui se présenteront de me tenir au courant de tout. »

M. Pichon, qui venait d’Haïti où il avait discuté la convention financière et le traité de commerce et de navigation, avait paru propre à entrer en négociation à ce sujet, avec M. Saint-Macary. Mais ils étaient à peine entrés en conférence, quand la révolution de 1830 survint et rompit cette négociation.

Si, d’un côté, l’agent haïtien se voyait sans pouvoirs pour traiter avec le nouveau gouvernement de la France, de l’autre, il voyait arriver au ministère les hommes honorables qui, dans tous les temps, avaient toujours émis des opinions favorables à la cause d’Haïti. M. Laffitte, qui avait pris l’affaire de l’emprunt dans sa maison de banque, était ministre des finances ; le général Lafayette, qui avait correspondu avec Boyer, et d’autres encore, étaient assez influens auprès de la monarchie de juillet, pour que cet agent espérât mieux obtenir d’elle que de celle des Bourbons de la branche aînée, les facilités qu’il était chargé de demander pour Haïti, et même plus de faveur encore. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait bercé le gouvernement de cet espoir, et pris sous sa responsabilité de prolonger son