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presse et sur l’abus qui peut en être fait, en recommandant à la magistrature de veiller à rendre justice aux particuliers, lorsque leur réputation ou leur honneur sont attaqués par cette voie, afin de leur òter la faculté de recourir à celle des armes, par le duel, pour avoir une satisfaction que la raison condamne dans tout pays civilisé.

Après la destitution de M. Granville, la direction du lycée fut confiée provisoirement à M. V. Plésance, jeune professeur de cet établissement, qui avait été d’abord répétiteur après avoir achevé ses classes. On n’eut que des éloges à lui décerner durant les six mois qu’il remplit ces fonctions : il sut maintenir l’ordre et la subordination parmi les élèves qui avaient pris plus ou moins part aux émotions du récent événement, et les études reprirent leur cours jusqu’au retour de l’ancien directeur Granville, que professeurs et élèves regrettaient. Cette décision du Président, relative au jeune V. Plésance, fut appropriée aux circonstances et et d’accord avec ce qu’il dit de la jeunesse dans sa proclamation. Que n’a-t-il pensé alors qu’il était convenable, opportun, de l’associer aux fonctions diverses de ses devanciers, pour la préparer à leur succéder avec une expérience acquise qui eût profité à la chose publique !…


L’agitation de la capitale était à peine terminée, quand Boyer apprit par M. Saint-Macary qu’il était sur le point de conclure, à Paris, deux traités avec le gouvernement français. Aussitôt, on vit paraître dans le Télégraphe du 30 avril, un article officiel qui prouvait la caducité des pouvoirs qu’il avait reçus du Président d’Haïti pour traiter avec le gouvernement de Charles X, et qui le blâmait aussi d’avoir prolongé son séjour en France au delà du terme qui lui avait été assigné. Cet article n’était ainsi rédigé, sans doute,