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victimes des hommes ou font vœu d’en immoler. Ils emploient les druides comme ministres de ces sacrifices ; ils croient que la vie d’un homme est nécessaire pour racheter la vie d’un autre homme et qu’on ne peut autrement apaiser les dieux immortels. Chez certains peuples des sacrifices de ce genre font même partie des institutions de l’Etat. D’autres ont d’immenses mannequins en osier tressé, qu’ils remplissent d’hommes vivants ; ils y mettent le feu, et ces hommes périssent enveloppés par les flammes. Ils croient que le supplice de ceux qui sont convaincus de vol, de brigandage ou de quelque autre crime, est celui qui plaît le plus aux dieux immortels ; mais quand ces sortes de victimes ne sont point assez nombreuses, ils y suppléent en sacrifiant des innocents[1]

…Les Gaulois assurent qu’ils sont tous issus de Dis Pater [c’est-à-dire du dieu de la mort], et ils disent que cette origine a été révélée par les druides. C’est pour cette raison qu’ils mesurent le temps en comptant non par jours, mais par nuits. Quand ils calculent les dates de naissance, le com-

  1. Sur les sacrifices humains chez les Gaulois transalpins voir aussi Diodore de Sicile, livre V, chap. XXXII, § 6, édition Didot-Müller, t. I, p. 273-274 ; Strabon, livre IV, chap. IV, § 5, édition Didot-Müller et Dübner, p. 164-165 ; Denys d’Halicarnasse, livre I, chap. XXXVIII, édition Tenbner-Kiessling, t. I, p. 145. Comparez sur les sacrifices humains chez les Galates dans l’Asie Mineure, au second siècle avant notre ère, Diodore de Sicile, livre XXXI, chap XIII, édition Didot-Müller, t. II, p. 499 ; et Tite-Live, livre XXXIII, chap. XLVII, édition Teubner-Weissenborn, t. IV, p. 363.