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Il est souvent question d’eux chez les auteurs grecs du quatrième siècle. Dès l’année 370, des mercenaires celtes au service du tyran Denys viennent se mêler aux luttes intestines des Grecs[1]. Bientôt Théopompe nous montre les Celtes guerroyant avec les Illyriens[2]. Éphore met l’Espagne dans la Celtique[3], et attribue aux Celtes toute la partie du monde qui est entre le couchant d’été et le couchant d’hiver[4]. Pythéas fut le premier Grec qui alla de Celtique en Bretagne, et, du port de la Celtique où il s’embarqua, il lui fallut plusieurs jours de navigation pour gagner le pays de Kent en Grande-Bre-

  1. Xénophon, Helléniques, liv. VII, chap. i, § 20, 31, édit. Didot, p. 467, 469.
  2. Théopompe, fragment 41, chez Didot-Müller, Fragmenta historicorum græcorum, t. I, p. 284–285. — Ce fragment appartient au livre deuxième des Philippiques, qui était une histoire de Philippe, père d’Alexandre le Grand, et des événements contemporains, 359–336. Théopompe vécut de 380 à 300 environ avant J.-C.
  3. « Ἔφορος δὲ ὑπερβάλλουσάν τε τῷ μεγέθει λέγει τὴν Κελτικήν, ὥστε, ἧσπερ νῦν Ἰβηρίας καλοῦμεν, ἐκείνοις τὰ πλεῖστα προσνέμειν μέχρι Γαδείρων » (Strabon, liv. IV, ch. iv, § 6). – Éphore, fragment 43, chez Didot-Müller, Fragmenta historicorum græcorum, t. I, p. 245. Éphore écrivait dans la seconde moitié du quatrième siècle. C’est un contemporain de Théopompe.
  4. « Οἱ μὲν γὰρ [Ἰνδοί] εἰσι μεταξὺ θερινῶν καὶ χειμερινῶν ἀνατολῶν, Κελτοὶ δὲ τὴν ἀπὸ θερινῶν μέχρι χειμερινῶν δυσμῶν χώραν κατέχουσι, » etc. (Éphore, fragment 38, chez Didot-Müller, Fragmenta historicorum græcorum, t. I, p. 243–244.)