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siècle, nous lisons que barz se traduit en français par menestrier, et en latin par mimus. Un homme appelé le Barze figure en 1284, dans une charte de l’abbaye de Beauport, aux archives du département des Côtes-du-Nord[1]. Dès le douzième siècle ce nom employé au féminin, Barza, apparaît comme nom de femme dans le cartulaire de Redon[2]. Ainsi dans le territoire conquis par les Romains sur les Celtes, les bardes ont survécu à la chute de l’indépendance celtique : de cette antique institution le nom est resté vivant dans la bouche du peuple breton : traversant le moyen âge, il est, dans la langue parlée, arrivé jusqu’à nous.

  1. Revue celtique, t. III, p. 400. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélémy, Anciens évêchés de Bretagne, t. IV, p. 400.
  2. (2) Aurélien de Courson, Cartulaire de l’Abbaye de Redon, Paris, 1863, p. 325. Comparez le nom propre d’homme Bardus dans les inscriptions romaines citées plus haut, p. 162.