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c’est-à-dire le prix qu’on doit payer quand on le tue, est de cent vingt-six vaches ; et en cas d’insulte grave, on lui doit une indemnité de six vaches et de cent vingt pièces d’argent. On applique le même tarif au premier fauconnier, au juge du palais et au premier valet du roi[1]. Ailleurs on lit que si ce barde adresse une requête au roi, il doit lui chanter un poème ; s’il s’adresse à un simple noble, c’est trois poèmes qu’il doit chanter ; si c’est à un vilain, il faut qu’il chante jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus[2].

A côté du barde du palais, le code vénédotien mentionne le barde pourvu de chaire, e-bart kadey-ryauc[3]. Le barde pourvu de chaire a le pas sur le barde du palais. Quand on demande un chant et qu’ils sont là tous deux, c’est le barde pourvu de chaire qui commence. Il chante trois poèmes le premier, en l’honneur de Dieu ; le second, en l’honneur du roi présent ; le troisième, en l’honneur d’un autre roi. Vient ensuite le tour du barde du palais, qui chante aussi trois poèmes[4].

Les compositions lyriques conservées dans les

  1. Code vénédotien, l. t, ch. 14, dans Ancient Laws and Institutes of Wales, p. 15-16.
  2. Code démétien, l. I, ch. 18, Ancient Laws and Institutes of Wales, p. 185. Cf. Leges Wallieæ, l. I, ch. 22, § 2 ; ibid., p. 779 ; suivant ce document, comme suivant le code démétien, ce n’est pas au moment du partage du butin, c’est pendant les batailles que le barde chante le poème qui commence par « Monarchie de Bretagne. »
  3. Livre I, ch. 6, § 1, Ancient Laws and Institutes of Wales, p. 5.
  4. Code vénédotien, l. I, chap. 14, § 5, Ancient Laws and Institutes of Wales, p. 16.