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CHAPITRE IV.



LES BARDES GALLOIS, CORNIQUES ET BRETONS.



Les bardes gaulois du continent disparurent quand on cessa de parler la langue dans laquelle ils composaient leurs poésies, et on ne la parlait plus, ce semble, au cinquième siècle, quand eut lieu l’invasion franque. En Bretagne, le celtique avec les bardes survécut à l’empire romain. Ainsi les gloses galloises du ms. de Martianus Capella, De nuptiis Philologiæ et Mercurii, transcrit au huitième siècle et conservé à la bibliothèque de Corpus-College à Cambridge, expliquent par or bardaul leteinepp les mots « epica vulgo lyricaque pagina consonarent ; » dans cette formule galloise, leteinepp rend le latin pagina, or bardaul traduit le latin epica lyricaque ; si de or bardaul nous retranchons or qui est l’article précédé d’une préposition avec sens d’ablatif, reste l’adjectif bardaul qui est dérivé de bard[1]. Les Gallois avaient donc en-

  1. Bardaul, « poétique », Whitley Stoke, The old-welsh glosses on Martianus Capella, dans les Beiträge de Kuhn, t. VII, p. 386.