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impériale. Nous citerons un diplôme de citoyen romain accordé, en 64, par Néron l’Helvétien Cattaus, fils de Bardus. Ce monument est conservé au musée de Munich[1]. Le musée de Vienne en Autriche possède un monument funèbre élevé à la mémoire de Titus Flavius Bardus, vétéran du corps de troupes appelé Ala prima Flavia Augusta Britonum Miliaria[2]. On a trouvé dans l’ancien territoire du Noricum des stèles funéraires élevées à deux femmes dont le père s’appelait Bardus. L’une, dont la stèle a été découverte en Styrie, se nommait Banona[3] ; l’autre, dont la stèle a été découverte en Carinthie, se nommait Julia et avait épousé un certain Eliomarus, dont le nom est évidemment gaulois[4]. Enfin il y avait en Italie, près de Milan, une localité appelée Bardo-Magus ou champ du barde, dont le nom est conservé par deux inscriptions[5]. Le nom des bardes se lit donc six fois, à notre connaissance, dans les inscriptions romaines du temps de l’empire. On sait que celui des druides ne s’y est encore jamais rencontré[6].

  1. Corpus inscriptionum latinarum, t. III, p. 846 ; Renier, Recueil de diplôme militaires, p. 244-245.
  2. Corpus inscriptionum latinarum, t. III, n° 4575.
  3. Ibid., n° 5473.
  4. Ibid., n° 4838.
  5. Ibid., t. V, n° 5872, 5878.
  6. Voir chez Charles Robert, Epigraphie gallo-romaine de la Moselle, p. 89 et suiv., une étude sur l’inscription 2,200 d’Orelli, où quelques savants ont cru trouver la mention d’une druidesse.