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irlandais comme en latin, on avait gardé la gutturale sourde initiale du nom de nombre « quatre, » en latin quatuor ; mais en gaulois cette gutturale était devenue labiale ; quatre se dit petor dans le composé gaulois petor-ritum, « char à quatre roues[1], » petuar dans le dérivé Petuaria, nom d’une ville de Grande-Bretagne[2].

Dans les siècles voisins de la chute de l’Empire romain, il se fit dans les dialectes celtiques une révolution analogue à celle que subit alors la langue latine ; de là les dialectes ou les langues néo-celtiques.

Des langues néo-celtiques, les unes sont issues de la variété du gaulois qui se parlait en Grande-Bretagne ; ce sont : le gallois et le breton, qui vivent encore aujourd’hui ; le cornique ou langue de la Cornouaille anglaise, éteint au siècle dernier. De l’irlandais primitif sont issus : 1º l’irlandais, où l’on distingue ordinairement trois âges : vieil irlandais, moyen irlandais, irlandais moderne ; 2º le gaélique d’Écosse ; 3º le manx ou langue de l’île de Man.

Les langues néo-celtiques forment donc deux

  1. Varron, liv. XIV Rerum divinarum, cité par Aulu-Gelle, liv. XV, chap. xxx. Varro cum de petorrito dixisset esse id verbum gallicum. Cf. Quintilien, liv. I, chap. v, § 57 : gallica valuerunt ut… petorritum ; et Festus qui, au mot Petoritum, s’exprime ainsi : et gallicum vehiculum esse et nomen ejus existimant a numero quatuor rotarum.
  2. Πετουαρία, Ptolémée, éd. Nobbe, liv. II, chap. iii, § 17 ; éd. Wilberg, p. 108. Cf. Notitia dignitatum, éd. Boecking, II, 113, 880.