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et les institutions des Gaulois du temps de César sur certains points même, des usages plus anciens. Le guerrier épique de l’Irlande combat en char, comme les guerriers gaulois cisalpins à la bataille de Sentinum, 295 avant J.-C.[1], comme le roi cisalpin Virdumâros à la bataille de Clastidium, 222[2] ; comme le roi transalpin Bituitos, mis en fuite par le consul Q. Fabius Maximus en 121[3]. Quand, au milieu du siècle suivant, de 58 à 51, César acheva la conquête de la Gaule transalpine, l’usage de char de guerre était passé de mode dans ce pays. César le retrouve en Grande-Bretagne dans ses expéditions des années 55 et 54 : c’est sur un char de guerre que combattent les guerriers du plus ancien cycle héroïque de l’épopée irlandaise[4].

Le druidisme est une des institutions qui, dans la Gaule transalpine, ont le plus frappé les auteurs grecs et les auteurs romains. Nous retrouvons le druidisme en Irlande, dans la littérature épique et

  1. Tite-Live, liv. X, chap. XXVIII, § 9 ; Orose, liv. III, chap. XXI. Suivant Orose, il y aurait eu à cette bataille mille carpentarii ou cochers gaulois conduisant des chars.
  2. Properce, liv. IV, chant X, v. 39-44. Cf. Tite-Live, Epitome, liv. XX ; Ampélius, chap. XXI ; Florus, liv. II, chap. XX ; Eutrope, III, VI ; Acta triumphorum, dans le Corpus inscriptionum latinarum, t. I, p. 458. Cf. Mommsen, Römische Geschichte, 6e édit., t. I, p. 557.
  3. Florus, liv. I, chap. XXXVII.
  4. Voir dans la Revue celtique, t. III, p. 175, le récit de la mort du héros irlandais Cûchulainn, abrégé par M. Whitley Stokes d’après le livre de Leinster, ms. du milieu du douzième siècle ; – Cf. César, De bello gallico, liv. IV, chap. XXIV, § 1 ; liv. V, chap. IX, § 3.