Page:Arbois de Jubainville - Cours de littérature celtique, tome 1.djvu/29

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Embrun ; trois Lugdunum dont le premier est Lyon, le second Leyde, et le troisième Saint-Bertrand-de-Comminges ; Mellodunum, Melun ; Minnodunum, Moudon ; Segodunum, Rodez ; Virodunum, Verdun ; en Espagne, Arialdunum, Caladunum[1] ; en Grande-Bretagne, Cambodunum, Camulodunum, Margidunum, Maridunum, Rigodunum, Sorviodunum ; dans les régions méridionales et longtemps celtiques de la Germanie, Carrodunum, Eburodunum, Lugidunum, Meliodunum, Segodunum, Tarodunum ; en Norique, Cambodunum; en Vindélicie, Carrodunum ; en Pannonie, un autre Carrodunum et Capedunum ; en Mésie, Singidunum, aujourd’hui Belgrade ; en Sarmatie, Carrodunum sur le Tyras, aujourd’hui le Dniester. Carrodunum, sur le Tyras, paraît être le point extrême de la domination celtique dans l’Europe orientale. Nous avons cité trois autres villes celtiques de ce même nom situées en Vindélicie, en Pannonie et dans la Germanie méridionale. L’existence d’un établissement celtique sur le Dniester n’a rien qui doive surprendre, et le témoignage du géographe Ptolémee, qui seul parle de cette ville de Carrodunum, n’est pas aussi isolé que de prime abord il peut sembler. Plutarque nous apprend que, suivant plusieurs auteurs, la Celtique

  1. Probablement aussi Estledunum, nom conservé par une inscription, Corpus inscriptionum latinarum, t. II, nº 1601. Comparez Bisuldunum, Besalu en Catatogne, chez Guérard, Cartulaire de Saint-Victor de Marseille, t. II, p. 173.