Page:Arbois de Jubainville - Cours de littérature celtique, tome 1.djvu/20

Cette page a été validée par deux contributeurs.


bitons. L’ensemble des territoires ou la population parle les langues celtiques, ou plus exactement les langues néo-celtiques, constitue une sorte de groupe situé en Europe près des côtes septentrionales de l’océan Atlantique. Sur la carte d’Europe, ce groupe forme, pour ainsi dire, pendant au domaine géographique de la langue grecque, que nous rencontrons à l’extrême sud-est, et qui est séparé des régions celtiques par un intervalle considérable. Cet intervalle est occupé principalement par les trois principaux domaines linguistiques de l’Europe moderne : le domaine néo-latin ou roman, le domaine germanique et le domaine slave.

Il n’en a pas toujours été ainsi, et l’histoire nous conserve le souvenir d’une époque où les Celtes étaient voisins immédiats des Grecs. Alors la langue ou les langues celtiques se parlaient dans une étendue de pays beaucoup plus grande qu’aujourd’hui.

Aujourd’hui, le domaine géographique des langues celtiques est fort exigu. En France, c’est le département du Finistère, moins les villes ; environ la moitié des départements des Côtes-du-Nord et du Morbihan ; et un coin sans importance de la Loire-Inférieure. Dans les îles Britanniques, ce sont deux tronçons de la Grande-Bretagne : l’un sur la côte occidentale en face de l’Irlande, l’autre, à l’extrémité N.-O. ; ce sont quelques îles secondaires, et une partie de l’Irlande, à l’ouest et au sud. L’ensemble des populations, qui parlent en Europe les lan-