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mot Gaule a ce sens précis et restreint ; il désigne le pays situé entre le Rhin, les Alpes, la Méditerranée, les Pyrénées et l’Océan. On appelle aussi ce pays Gaule transalpine pour le distinguer de la Gaule cisalpine dans l’Italie du Nord.

La littérature antique a possédé, enfin, pour désigner l’ensemble des Celtes continentaux, un terme générique dont nous n’avons presque rien dit, c’est le mot grec Γαλάτης[1]. Les plus anciens exemples que nous en ayons sont deux épitaphes. L’une est celle d’un jeune Athénien mort en combattant les Gaulois à la bataille des Thermopyles en 279[2] ;

  1. Γαλάτης est presque le même mot que le vieil irlandais galdæ = *gala-tio-s, « brave, » que M. Whitley Stokes a trouvé dans la pièce intitulée Togail Troi, « destruction de Troie, » dont il vient de donner une édition d’après le livre de Leinster, ms. du douzième siècle. Sur le thème gala, « bravoure, exploit, » dont galdæ dérive, voir les exemples réunis dans la Grammatica celtica, 2e édit., p. 997 à la fin de la note 14 et Windisch, Irische Texte, p. 587. Γαλάτης est une variante de Γαλάτος, mot gaulois employé comme nom propre chez Polybe, liv. II, chap. xxi, § 5, dans le récit des événements de l’année 238, avant notre ère ; c’est le nom d’un roi des Boïes d’Italie. — À galde (brave) = *galatios, auquel correspond le grec Γαλάτης, comparez gaide (armé d’un javelot) = *gaisa-tios, (dérivé de gai, javelot, = gaisa-) auquel correspond le grec Γαισάτης (Polybe), à côté duquel se place le nom propre Γαιζοτόριος (ibidem), chez Strabon Γεζάτοριξ.
  2. Ἥ μάλα δὴ ποθέουσα νέαν ἔτι Κυδίου ἥβην
    ἀσπὶς ἀριζήλου φωτός, ἄγαλμα Διί,
    ἇς διὰ δὴ πρώτας λαιὸν τότε πῆχυν ἔτεινεν,
    εὖτ’ ἐπὶ τὸν Γαλάταν ἤκμασε θοῦρος Ἄρης.

    « Ce bouclier regrette toujours vivement la tendre jeunesse de l’illustre Cydias. Il est aujourd’hui consacré à Zeus. Il était le premier sous lequel Cydias étendit son bras gauche quand le Galate fut violemment frappé par l’impétueux Arès » (Pausanias, liv. X, chap. xxi, § 5, édit. Didot-Dindorf, p. 520).