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tout le monde le sait, outre les territoires celtiques de l’Italie du Nord, la région située entre le Rhin et les Pyrénées : il existe un exemple de l’application de ce nom à une autre contrée celtique. Sempronius Asellio, qui écrivait entre les années 90 et 80 avant notre ère, met en Gaule Noreia[1], capitale du Norique, aujourd’hui Neumarkt en Styrie. Il était naturel d’appeler Gallia tout le pays habité par les Galli ; mais, à partir des conquêtes de César, Gallia[2], eut dans la langue administrative de Rome, un sens précis et restreint que les historiens acceptèrent, et qui est encore reçu aujourd’hui. Notre

  1. « Norica castella dixit ab urbe Norica quæ est in Gallia, ut Asellio historiarum non ignarus docet » (Scolie du ms. de Berne sur Virgile, Géorgiques, III, 474, chez Hermannus Peter, Historicorum romanorum relliquiæ, t. I, p. 183).
  2. César a employé une fois Gallia pour désigner le pays habité par ses Celtæ, entre la Seine, la Marne et la Garonne : Remi, qui proximi Galliæ ex Belgis sunt (De bello gallico, lib. II, cap. iii) ; il se sert aussi de Galli comme synonyme de Celtæ : Senonibus reliquisque Gallis qui finitimi Belgis erant (lib. II, cap. ii ; cf. lib. I. cap. i). Mais ce sens du mot Gallus n’a pas prévalu dans l’usage ; Gallus, dans l’usage, a un sens plus étendu qui comprend les Belgæ comme les Aquitani. — Avant que les découvertes de César n’eussent vulgarisé dans le monde romain la distinction des Gaulois et des Germains, on confondit, à Rome, les Germains avec les Gaulois sous le nom de Galli. Ainsi, dans le De oratore, livre II, c. 66, Cicéron, l’an 55 avant notre ère, range encore les Cimbres au nombre des Galli. L’expédition contre Arioviste est antérieure de trois ans. On trouve la même erreur dans Salluste, qui écrivait après la mort de César, et plus tard encore chez Florus, qui met en Gaule la patrie des Cimbres et des Teutons, c’est-à-dire le Jutland et les rives du bas Elbe. Salluste, Jugurtha, 114 ; Florus, III, 3.