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de Celtes pour désigner les Germains. Dion Cassius, dans son histoire, écrite pendant la première moitié du troisième siècle de notre ère, traduit systématiquement par Κελτοί le latin Germani, tandis qu’il rend le latin Galli par Γαλάται, synonyme grec relativement nouveau de Κελτός[1].

Un autre nom d’une branche de la famille celtique a été employé pour désigner la famille entière, c’est celui de Volca. Ce nom appartenait en propre à une tribu celtique établie au nord du haut Danube dans la région qui, à partir de César, porte dans la géographie ancienne le nom de Germanie[2]. Cette

  1. Le mot Κελτός est l’équivalent du latin Gallus dans un seul passage de Dion Cassius ; c’est le fragment 34 de l’édit. d’Immanuel Bekker, p. 27. Chez Denys d’Halicarnasse, liv. XIV, chap. i, édit. Teubner-Kiessling, t. IV, p. 198, la Celtique s’étend de l’océan Atlantique à la Scythie et à la Thrace, le Rhin la coupe par le milieu : d’un côté la Galatie (Gaule), de l’autre la Germanie, qui est par conséquent une partie de la Celtique.
  2. « Quæ fertilissima Germaniæ sunt loca circa Hercyniam silvam… Volcæ Tectosages occupaverunt, atque ibi consederunt ; quæ gens ad hoc tempus his sedibus sese continet summamque habet justitiæ et bellicæ laudis opinionem » (De bello gallico, lib. VI, cap. xxiv). – Le périple dit de Scylax, qui date de 338 à 335, dit : Ἀπὸ δὲ Ἰβήρων ἔχονται Λίγυες καὶ Ἴβηρες μιγάδες μέχρι ποταμοῦ Ῥοδανοῦ (Geographi græci minores, de Didot, t. I, p. 17). Les numismatistes attribuent à la région située entre les Pyrénées et le Rhône, outre des monnaies gauloises, des monnaies ibériques, et on y trouve des noms de ville probablement ibériques (Voir George Phillips dans les Sitzungsberichte de l’Académie de Vienne, classe de philosophie et d’histoire, t. LXVII, p. 386-400 ; cf. A. de Barthélemy, dans la Revue celtique, t. III, p. 296).