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mencement des mois et celui des années, ils ont soin de placer le jour après la nuit[1]. »

Ces lignes ont été intercalées par César dans le récit des événements de l’année 53 avant notre ère. Neuf ans plus tard, en 44, Cicéron, dans son Traité de la divination, s’adressant à Quintus, son frère, lui dit :

« Les barbares eux-mêmes se sont occupés de la divination, puisqu’il y a des druides en Gaule. J’ai connu l’un d’entre eux, l’éduen Divitiacus, ton hôte et ton admirateur : il prétendait connaître les lois de la nature, c’est-à-dire, comme disent les Grecs, la physiologie, et il annonçait l’avenir tant au moyen des augures que par conjecture[2]. »

L’année 44, où Cicéron a écrit ces lignes, est celle où César fut assassiné. C’est peu d’années après ce grand événement que Diodore de Sicile paraît avoir terminé sa Bibliothèque historique. Il y raconte que les Celtes « ont des philosophes et des théologiens qu’ils appellent druides et auxquels ils rendent de grands honneurs… C’est une règle établie parmi eux que personne ne sacrifie sans l’assistance d’un philosophe (c’est-à-dire d’un druide) ; car ils prétendent qu’on ne peut offrir de sacrifices agréables aux dieux que par l’intermédiaire de ces hommes

  1. De bello gallico ; liv. VI, c. XII, XIV, XVI, XVII. Cette traduction est celle de M. Louandré, sauf un certain nombre de modifications.
  2. De divinatione, liv. I, c. XLI, § 90. Divitiacus était venu à Rome l’an 61 avant notre ère, trois ans avant la première campagne de César en Gaule. De bello Gallico, l. I, c. XXXI, § 9 ; l. VI, c. XI, § 5.