Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/72

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Les deux versants d’une chaîne sont presque toujours inégalement inclinés à l’horizon. Telas, Bergman, Kirwan et d’autres géologues admettent que c’est l’orientation de la chaîne qui détermine la direction de la plus grande pente. Cette remarque, si elle était exacte, aurait une importance réelle, car elle prouverait qu’une cause générale telle que d’immenses courants liquides, par exemple, a déterminé la formation des montagnes, et que ce n’est pas par soulèvement qu’elles ont été produites, comme on le suppose aujourd’hui.

Pour expliquer comment les montagnes présentent des pentes excessivement rapides, Kirwari admet qu’à l’origine des choses les eaux de l’Océan étaient douées de deux mouvements : l’un dirigé de l’est à l’ouest, l’autre du nord au sud. « Le premier était, dit-il, la conséquence de la direction générale des marées ; l’autre fut déterminé par de vastes abîmes qui se formèrent dans le voisinage du pôle antarctique. Maintenant, ajoute-t-il, n’est-il pas clair que les montagnes dirigées du nord au sud, ont dû opposer un obstacle au premier mouvement, et permettre au liquide de déposer les substances dont il était chargé sur ses faces orientales ? Le même raisonnement s’applique aux montagnes dirigées de l’est à l’ouest, quand on les considère comme une digue placée sur le chemin du second courant. »

Bergman, dans la description physique de la Terre, pose les deux règles suivantes : 1° dans les chaînes qui courent du nord au sud, la face occidentale est la plus escarpée ; 2° dans les chaînes dirigées de l’est à l’ouest, la face méridionale est la plus abrupte. On peut citer à