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continue de nuages. Je reconnais loyalement que l’idée de la couche continue appartient en propre à M. Swan ; je n’avais pas, à tort ou à raison, imaginé que les nuages auxquels il fait jouer un si grand rôle, formassent habituellement autour de la photosphère une couche continue.

La limite extérieure de la première couronne lumineuse indiquerait, dans l’hypothèse de M. Swan, la région qu’occupe la couche continue de nuages dont il croit avoir besoin pour expliquer tous les phénomènes des éclipses totales. Il faudrait donc supposer que, lorsque la couronne est unique, cette couche de nuages s’est abaissée jusqu’à être presque en contact avec la photosphère solaire. C’est alors qu’apparaîtraient les longs arcs courbes, colorés et fortement dentelés, qui ont été signalés par les observateurs comme étant visibles quelques instants après le commencement de l’éclipse totale, et quelques instants avant la fin. Mais admettons pour un moment que ces grands mouvements oscillatoires en hauteur de la couche nuageuse existe ; pourquoi cette couche se présenterait elle comme une ligne circulaire sans couleur lorsqu’elle serait à une grande hauteur, et deviendrait-elle irisée et très-irrégulière dans son contour lorsqu’elle se rapprocherait du Soleil ? Suivant M. Swan, les protubérances sont des portions de son atmosphère continue, soulevées au-dessus du niveau général par le courant ascendant. Mais comment n’a-t-il pas remarqué qu’en 1842 ces protubérances existaient toutes notablement au-dessous de la ligne circulaire qui dessinait les limites de la couronne la plus brillante sur la couronne extérieure.

M. Swan se sert de l’atmosphère parfaitement opaque