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M. Swan a trouvé qu’elles s’étaient montrées dans les mêmes points physiques du disque solaire, résultat parfaitement conforme à ce que d’autres astronomes avaient obtenu par une discussion analogue.

La protubérance courbe si remarquable, qui en 1851 fit son apparition près du bord occidental de la Lune, était particulièrement propre à décider si les protubérances changent de forme avec le lieu de l’observation. Or partout, sauf de légères différences qu’on peut attribuer à la difficulté et à la courte-durée des observations, la protubérance en question parut formée de deux lignes faisant entre elles un angle presque droit ; la première, dirigée à peu près perpendiculairement au contour de la Lune, et la seconde, parallèle à la tangente à ce contour, au point où la première le rencontrait.

Plusieurs des objections qu’on avait opposées aux théories fondées sur une existence réelle des protubérances lumineuses disparaissent en présence des deux faits capitaux que je viens de rapporter. Il est difficile, quand on considère la concordance de tous ces résultats, de ne pas regarder les protubérances plus ou moins rougeâtres comme des objets matériels analogues à nos nuages flottants dans l’atmosphère diaphane dont le Soleil est entouré, ainsi que je l’ai fait voir dès 1846, atmosphère dont j’ai démontré l’existence par d’autres observations (liv. xiv, chap. vi, t. ii, p. 104).

Je crois que les raisons que j’ai données dans ma Notice sur les éclipses sont suffisantes pour qu’il soit admis que les protubérances ne sont ni des montagnes, ni des apparences provenant de déviations que les rayons du Soleil