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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/625

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que la couronne n’ait rien de réel et soit le résultat de la diffraction que la lumière éprouve sur les bords des montagnes placées aux limites du disque apparent de la Lune ? il faudra expliquer dans cette supposition ce qu’étaient les rayons courbes et qui plus est les rayons emmêlés, observés à Perpignan, dans l’éclipse totale de 1842 ; il faudra dire pourquoi la couronne se voit avant la disparition totale du Soleil et quelque temps après sa réapparition ; pourquoi les rayons divergents, obscurs ou lumineux, dont la couronne semble parsemée, ne se prolongent pas jusqu’au bord de la Lune.

Prenons dans un autre sens l’expérience de De l’Isle, et voyons quels sont les doutes qu’elle peut soulever contre les idées reçues.

En faisant dans une chambre obscure une éclipse artificielle de Soleil, c’est-à-dire en faisant projeter sur le Soleil une plaque métallique dont le diamètre angulaire surpassait un tant soit peu celui de cet astre, De l’Isle rapporte qu’il voyait un anneau lumineux autour de l’image de l’écran opaque. Mais un pareil effet avait-il réellement, comme on l’a supposé, rien d’extraordinaire ? Les régions de l’atmosphère terrestre qui paraissent toucher au Soleil n’ont-elles pas un grand éclat qui devait se manifester dans l’observation instituée par l’académicien français, en dehors des limites de la photosphère solaire, la seule que l’écran métallique occultait réellement ? Loin qu’on dût s’étonner de la formation de l’anneau lumineux, ce serait l’absence d’un pareil anneau qui aurait droit de surprendre.

En supposant que l’anneau blanchâtre des éclipses