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semble de ces traits était presque parallèle au limbe de la Lune.

En France, les aigrettes furent vues presque partout avec des formes dissemblables ; mais, chose singulière, M. Airy, placé à la Superga, près de Turin, et M. Baily à Pavie, n’en aperçurent point de traces, ou du moins n’en parlent pas. Ajoutons que non loin de là, à Milan, l’existence des aigrettes fut constatée.

Les rayons divergents qui firent assimiler la couronne avec tous ses accessoires aux gloires dont les peintres entourent la tête des saints, furent aperçus à Perpignan (fig. 303, p. 608) ; ces rayons partaient du contour extérieur de la première zone circulaire de la couronne, et ne se prolongeaient pas jusqu’au bord obscur de la Lune. Ce fait est capital au point de vue de la théorie.

J’avais conçu l’espoir que les astronomes parviendraient à décider, en 1842, si la couronne lumineuse était centrée sur le Soleil ou sur la Lune. On a vu qu’à ce sujet les observations de Halley, de Louville, de Maraldi, de Ferrer, étaient contradictoires ; malheureusement, dans les circonstances de l’éclipse de 1842, les observations propres à décider la question ne purent pas être faites avec la rigueur nécessaire, en sorte que la question, jusqu’à un certain point, reste encore indécise.

Le mouvement giratoire signalé d’abord par Ulloa et qui fit assimiler la couronne avec tous ses rayons à un soleil d’artifice et rotatif ne fut pas aperçu à Perpignan. On vit, à ce qu’il paraît, quelque chose d’analogue dans diverses stations. M. Lenthéric dit qu’à Montpellier, la couronne parut à quelques personnes avoir un mouve-