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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/589

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MM. Maedler et Beer, dans l’éclipse de Lune de 1835, déduisirent de leurs observations qu’il fallait supposer que le demi-diamètre de l’ombre surpassait le demi-diamètre calculé de 1/28e. L’éclipse de 1837 leur donna pour la différence des demi-diamètres toujours dans le même sens 1/54e.

La cause de ces différences entre la théorie et l’observation paraît facile à assigner.

Nous avons calculé les dimensions du cône d’ombre en supposant que les rayons partant des bords du Soleil étaient tangents à la partie solide et entièrement opaque de notre globe ; mais lorsqu’on a remarqué l’énorme affaiblissement qu’éprouvent les rayons solaires en traversant les couches atmosphériques comprises entre le point où le Soleil se lève à l’horizon et la place de l’observateur ; quand on songe, en outre, que ces rayons prolongés au delà de l’observateur traversent une épaisseur d’atmosphère égale à la première, on conçoit que, dans des circonstances données, ces couches atmosphériques peuvent jouer dans la formation du cône d’ombre le rôle de la partie solide ou entièrement opaque de notre globe, et que leur épaisseur doit être ajoutée à celle du rayon de la partie solide de la Terre. On voit aussi pourquoi dans des cas exceptionnels, l’atmosphère étant parfaitement diaphane, cette addition ne doit pas être faite par ceux qui entendent déterminer à l’avance, à l’aide du calcul, les circonstances d’une éclipse de Lune.

D’après la théorie que nous avons donnée des éclipses, la Lune devrait disparaître totalement lorsqu’elle pénètre dans le cône d’ombre par la partie centrale, et il est de