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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/565

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Dans son mouvement de circulation autour de notre globe, la Lune semble donc toujours, à l’époque de ses oppositions ou lorsqu’elle est pleine, devoir pénétrer dans le cône d’ombre que la Terre projette derrière elle. Ceci est démenti par les observations ; nous en indiquerons la cause dans un moment.

Pour décider si la Lune peut disparaître en totalité en passant dans le cône d’ombre, examinons d’abord quelle est la largeur de cet espace où la lumière solaire ne pénètre pas, dans la série des points où la Lune les rencontre, et l’on trouvera que cet espace est 2 fois 2 dixièmes de fois supérieur à celui occupé par la Lune. La question a dès ce moment complétement changé de face : nous voulions examiner s’il était possible que la Lune disparût le jour de son plein, nous devons maintenant chercher pourquoi elle ne disparaît pas dans ses oppositions.

Si le plan de l’orbite lunaire coïncidait avec le plan de l’écliptique, avec le plan dans lequel est situé l’axe du cône d’ombre qui accompagne constamment la Terre, la Lune pénétrerait dans ce cône par son centre, et dès lors disparaîtrait en totalité, et pendant un temps à peu près égal, dans chaque lunaison ; mais la Lune se meut dans un plan qui fait avec celui de l’écliptique un angle très-sensible, un angle d’environ 5°. En sorte que, lorsqu’elle parvient à ses oppositions, elle est quelquefois au-dessus et quelquefois au-dessous du cône d’ombre ; ce n’est que dans les oppositions qui arrivent lorsque la lune est près de ses nœuds qu’elle pénètre nécessairement dans la région centrale du cône d’ombre, et qu’elle dis-