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En est-il ainsi de la question que je viens de soulever ? Qu’est-ce, au fond, qu’un changement de temps ?

Tel météorologiste, s’il admet l’influence des phases, se croira autorisé à ranger sous cette dénomination tout passage du calme au vent, d’un vent faible à un vent fort, d’un ciel serein à un ciel un peu nuageux, d’un ciel nuageux à un ciel entièrement couvert, etc., etc. Tel autre exigera des variations plus tranchées. Où tracer, au milieu d’un vague pareil, les limites sur lesquelles on pourrait s’accorder ? J’ai dû signaler cette difficulté dès le début, afin qu’on ne soit pas tenté d’assimiler, quant à la certitude, les résultats que je vais examiner aux conséquences numériques dont j’ai déjà donné le tableau (chap. xxxv, p. 510), concernant le nombre de jours pluvieux.

En discutant près d’un demi-siècle d’observations météorologiques faites à Padoue, Toaldo procédait ainsi :

Dans une première colonne il inscrivait, par exemple, toutes les nouvelles Lunes qui, pour chaque année, avaient coïncidé avec un changement de temps ; dans une colonne voisine venaient se ranger les nouvelles Lunes, durant lesquelles le temps s’était conservé constant. Si les sommes des deux colonnes eussent été ou exactement ou à peu près dans le même rapport que pour tout autre jour du mois lunaire, il en serait résulté que la nouvelle Lune n’exerçait pas d’influence sur les variations de temps ; or, Toaldo devait croire à cette influence, car la somme correspondante à la colonne des changements, surpassait la somme de la seconde colonne beaucoup plus que lorsqu’on avait opéré de même sur un jour de quadrature ou d’octant.