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la bougie de comparaison à 16m,242 de distance pour rendre les deux lumières égales.

Il résulte de ces données de l’observation, convenablement calculées, que la lumière du Soleil nous éclaire environ 256 289 fois plus que celle de la Lune.

Trois expériences semblables, faites à diverses époques dans l’année 1725, donnèrent à Bouguer les résultats suivants : 286 089 ; 331 776 ; 302 500. D’où le célèbre académicien conclut que le rapport de la lumière du Soleil à la lumière de la Lune, quand cet astre se trouve à ses distances moyennes, est celui de 300 000 à 1.

Cette détermination a été contestée ; on a cité des résultats théoriques et d’expériences qui en diffèrent notablement. Une des principales causes d’erreur que j’entrevois dans la méthode de Bouguer, résulte de la difficulté qu’il y a à comparer la lumière blanche du Soleil ou de la Lune qui alors paraît bleue, par contraste avec la lumière rougeâtre d’une bougie.

Nous avons dit que le nombre 300 000 était relatif à la distance moyenne ; pour justifier cette l’imitation, il faut remarquer que la Lune éclaire la Terre très-diversement, suivant les circonstances. Ses plus grandes et ses moindres distances étant, à diverses époques de son cours, comme 8 : 7, les lumières qu’elle répand sur la Terre seront alors comme 64 : 49, ou environ comme 4 : 3.

Robert Smith, l’auteur du traité si connu d’optique, chercha à résoudre par la théorie le problème dont Bouguer s’était occupé expérimentalement ; il trouva, dans la supposition qu’aucun rayon n’est perdu en se réfléchissant à la surface de la Lune, que la lumière de cet astre