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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/481

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allemands ne sont-elles pas seulement des effets de contrastes ? Si la teinte générale de la Lune est un peu jaune, il me paraît évident que la lumière beaucoup plus faible de mare Serenitatis, de mare Crisium, de mare Humorum, doit paraître un peu verte.

Les grandes étendues grisâtres qu’Hévélius, dans sa carte, a désignées sous le nom de mers, de marais, de bois, ne changent pas de couleurs quoique plus ou moins éclairées.

Passons maintenant aux comparaisons qu’on a faites de la lumière du Soleil à la lumière de la Lune, considérée dans son ensemble.

Bouguer n’ayant pas trouvé de méthode pour comparer directement la lumière de la Lune à la lumière du Soleil, prit pour intermédiaire celle d’une bougie. Le jour de son observation, le Soleil étant à 31° de hauteur et sa lumière pénétrant dans une chambre obscure par un trou de 22 dixièmes de millimètre de diamètre, il plaça devant ce trou une lentille concave qui affaiblissait les rayons solaires en les faisant diverger.

Recevant ensuite cette lumière divergente sur un écran, dans un point où elle était affaiblie dans le rapport de 1 à 11 664, il la trouva égale à celle d’une bougie située à 0m,433 de distance de ce même écran.

Répétant cette expérience la nuit, avec la lumière de la Lune et avec le même verre concave, l’astre dans son plein étant aussi à 31 degrés de hauteur, Bouguer reconnut que la lumière de la Lune, lorsqu’elle avait divergé de 18 millimètres ou lorsqu’elle était seulement affaiblie de 1/64e avait déjà si peu de force qu’il fallait mettre