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photométrique. J’ai essayé de remplir cette lacune et de déterminer numériquement le rapport qu’il y a entre la lumière qui nous vient d’une des larges taches dites mers et celle des parties les plus brillantes du globe lunaire.

Voici les résultats que j’ai obtenus en me servant des méthodes que j’ai expliquées en détail dans mes Mémoires sur la photométrie.

En moyenne l’intensité du bord de la Lune est à l’intensité des grandes taches dans le rapport de 2,7 à 1. La comparaison d’une portion du bord très-brillante à l’une des grandes taches les moins brillantes, donne le rapport de 15,5 à 1 pour celui des intensités de leurs lumières.

En publiant sa Micrographie (1667), Hooke soutenait que « certaines parties de la Lune peuvent être couvertes de végétaux analogues à nos gazons, à nos arbrisseaux, à nos arbres. »

Le grand observateur arrivait à cette conséquence en remarquant que les parties dont il s’agit restent toujours ternes, quelle que soit la position du Soleil, quelle que soit la direction de la lumière qui les éclaire, tandis que les montagnes beaucoup plus stériles (barren) environnantes brillent d’un vif éclat.

MM. Beer et Madler croient avoir reconnu

que mare Crisium est verte ;
que mare Serenitatis est verte aussi ;
que mare Humorum a encore la même teinte ;
que Lichtenberg est rouge.

Mais les couleurs signalées par les deux astronomes