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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/410

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CHAPITRE VI

sur les noms des mois de l’année solaire donnés aux lunaisons


Le public a contracté l’habitude de désigner les diverses lunaisons d’après les noms des mois dans lesquels on les observe et de dire, par exemple, la lune de mars, la lune d’avril, la lune de mai, etc. ; mais comme la Lune devient nouvelle ou pleine, tantôt au commencement et tantôt à la fin des mois solaires, les dénominations précédentes peuvent donner lieu à quelques difficultés, à moins qu’on ne soit parti d’une définition précise.

Les détails qui vont suivre montreront combien sont futiles et arbitraires les motifs sur lesquels se fondent ceux qui, tous les ans, établissent des paris sur les noms que doivent porter les Lunes des divers mois.

D’après l’usage le plus généralement adopté, la Lune prend son nom du mois dans lequel elle finit.

Cette règle a été constamment suivie par les computistes, par Clavius, par Blondel, dans son Histoire du calendrier romain, par les auteurs de l’Art de vérifier les dates, etc., non par les astronomes qui n’avaient pas à intervenir dans une pareille question.

Mais, il faut l’avouer, cette définition conduit quelquefois à des résultats assez étranges. Supposons, par exemple, qu’une certaine année la Lune devienne nouvelle dans la nuit du 28 février au 1er mars, une seule seconde, si l’on veut, après minuit. Dès que minuit est passé, pour si peu que ce soit, on est au 1er mars. Ainsi, d’après la