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la carte. Aujourd’hui on demande une grande exactitude dans la représentation soit de l’ensemble de la Terre, soit de divers pays. Les cartes géographiques qui sont destinées à donner en entier les deux hémisphères, portent le nom de mappemondes ; elles sont obtenues par les projections dites orthographiques, stéréo graphiques, homalographiques. Les cartes particulières sont le plus souvent construites à l’aide de développements.

Dans le système de la projection orthographique, sans doute dû au génie d’Apollonius, qui vivait 200 ans avant notre ère, on suppose qu’on abaisse de chaque lieu de la Terre une perpendiculaire sur un plan. Le pied de la perpendiculaire donne la place du lieu sur la carte. On choisit ordinairement pour plan de projection soit celui de l’équateur, soit celui d’un méridien quelconque. Dans le premier cas, le pôle est projeté au centre de la carte ; les méridiens sont des lignes droites qui divergent de ce centre, et les parallèles sont des cercles concentriques entre eux et avec l’équateur. Dans le second cas, les méridiens sont des ellipses ayant pour axe commun la ligne des pôles terrestres, et les parallèles sont des lignes droites perpendiculaires à cette ligne. Un tel système représente en vraie grandeur les régions centrales, mais plus on se rapproche des bords de la carte, et plus les contours sont déformés ; les étendues de terrains les plus grandes arrivent à ne plus occuper que des espaces marqués par de simples traits. C’est sous cet aspect que nous apparaissent les astres, la Lune et le Soleil par exemple. La Terre, vue de la Lune, se présenterait au spectateur dans la forme de la projection orthographique.