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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/34

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Purbach, astronome du xve siècle, fit revivre les sphères de cristal d’Aristote ; il fit plus, au lieu de supposer chaque planète attachée à la surface de sa propre sphère de cristal, il imagina qu’elle se mouvait entre deux sphères semblables et concentriques, comme entre deux murs, disait-il, qui les empêchaient de sortir de leurs orbites.

Nous ne nous arrêterons pas à réfuter une pareille conception. Les comètes observées par Tycho, en brisant les cieux de cristal d’Aristote, durent à plus forte raison ne laisser aucune parcelle de ceux de Purbach.

Après avoir rejeté le système des sphères de cristal et des épicycles, Bacon disait : « Rien n’est plus faux que toutes ces imaginations, si ce n’est les mouvements de la Terre, plus faux encore. »

En voyant l’illustre chancelier, l’auteur du Novum organum, arriver à une pareille conséquence, on se rappelle ces paroles d’un prédicateur très-peu orthodoxe dans sa conduite privée, qui disait en chaire : « Mes chers frères, faites ce que je dis et non pas ce que je fais. »

La Galla, un des ennemis de Galilée, un des adversaires les plus prononcés du système de Copernic, produisait contre ce système ce singulier raisonnement : « Dieu étant au Ciel et non sur la Terre, peut mouvoir le Ciel et non la Terre. » (Venturi, t. i, p. 160.)

On n’attend pas de moi, sans doute, que je réfute de pareils arguments.

J’ai exposé précédemment (liv. xvi, chap. x, t. ii, p. 242) le système de Copernic, dans lequel le grand principe de la mobilité de la Terre autour du Soleil fut proclamé avec éclat par l’illustre astronome de Thorn