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l’avait enlevé aux sciences qu’il cultivait avec tant de succès ; on assure même qu’il avait déjà fait exécuter un cercle répétiteur, mais il ne paraît pas qu’on en ait fait usage avant l’époque de la jonction des observatoires de Paris et de Greenwich.

Borda fit construire alors, par notre habile artiste Lenoir, un cercle de 0m,4 de diamètre, qui fut employé concurremment avec de grands quarts de cercle, dans la formation de quelques-uns des triangles qui joignent les côtes de France et d’Angleterre ; mais c’est surtout pendant la grande opération de la méridienne de France, que ces instruments ont pu être appréciés, à cause de la multitude d’épreuves auxquelles on les a soumis. On sait, en effet, que c’est avec des cercles répétiteurs qu’ont été mesurés les angles de tous les triangles compris entre Dunkerque et Barcelone, les latitudes et les azimuts de ces points extrêmes, et de plusieurs stations intermédiaires. Cette grande opération, si importante par son objet, a été exécutée avec toute l’exactitude qu’on était en droit d’attendre de la grande habileté des deux astronomes, Delambre et Méchain, qui en furent chargés, et de la bonté des instruments qu’ils employèrent : elle a servi et elle servira désormais de terme de comparaison à toutes les opérations qu’on a faites ou qu’on pourra faire dans les autres régions du globe.

Le cercle répétiteur de Borda est représenté par les figures 250 et 251. Il consiste en un cercle gradué porté par un pied qui permet de lui donner toutes les directions possibles, et muni de deux lunettes à réticule. Dans la figure 250, on le voit en perspective et dans une position