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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/263

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La profondeur de 14 091 mètres, mesurée par le capitaine Denham, commandant le Herald, le 30 octobre 1852, surpasse de 5 499 mètres la hauteur du Kintschindjinga, de la montagne la plus élevée. Du sommet de cette montagne, au point si profond observé par le capitaine Denham, il y a une distance verticale de 22 683 mètres, plus grande par conséquent que l’excès du rayon de l’équateur sur le rayon du pôle.


CHAPITRE XVIII

de l’intérieur de la terre


En considérant les grands phénomènes que nous offre la surface de notre planète, nous avons reconnu les traces évidentes de l’action du feu. La couche extérieure du globe nous est apparue comme une écorce solidifiée, présentant des exhaussements et des cavités dus à une sorte de lutte entre deux forces opposées ; une chaleur excessive dénoncée par les laves incandescentes que vomissent les volcans, un froid très-vif que signalent les cimes neigeuses des montagnes des Alpes, des Cordillères, de l’Himalaya, et des autres grandes chaînes dont nous avons mesuré les hauteurs et le volume. Ces chaînes de montagnes, ces fleuves majestueux qui s’échappent de leurs glaciers et roulent leurs flots impétueux jusqu’à l’Océan, ces immenses profondeurs des mers dont nous avons essayé de sonder les abîmes, ces continents dont l’âge est attesté par les rides ineffaçables que l’étude de leur configuration révèle, ce ne sont là que des accidents