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Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/183

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une seule pression. Si l’on suppose en effet que le poids de l’atmosphère vienne à diminuer, la colonne de mercure qui lui fait équilibre diminuera aussi ; la partie de mercure qui passera dans la cuvette soulèvera le niveau de celle-ci, et le commencement de la division de l’échelle n’aura plus la position convenable. On voit d’ailleurs que l’erreur sera d’autant moindre que la cuvette aura un plus grand diamètre et que la pression atmosphérique aura moins varié. Dans un observatoire fixe, il sera donc permis à la rigueur de négliger le petit déplacement du zéro, pourvu toutefois que le réservoir du baromètre soit fort large.

Tout le monde sait que jusqu’au temps de Galilée on attribuait à l’horreur de la nature pour le vide l’ascension d’un liquide dans un tube privé d’air. Il n’est pas de mince ingénieur ou de petit auteur de traité de physique qui ne raconte cette anecdote : des fontainiers de Florence, surpris de voir l’eau ne jamais s’élever dans le vide au-dessus de 32 pieds, allèrent consulter Galilée, qui leur répondit : « Ce qui vous étonne est tout simple ; la nature n’a horreur du vide que jusqu’à la hauteur de 32 pieds. »

Les véritables appréciateurs du génie de Galilée tenaient cette réponse pour une plaisanterie faite dans un moment de gaieté. Je crois qu’on peut aller plus loin et la déclarer apocryphe. On n’en voit, en effet, aucune trace dans les traités authentiques de Galilée. Le plus ancien auteur qui la mentionne est Pascal, dans la préface de son Traité de l’équilibre des liqueurs. Ce serait une autorité irrécusable, si Pascal s’était rendu garant