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aux bâtiments marchant sous votre escorte, ils seront, je vous le répète, conduits devant l’amiral Collingwood. » Et il donna sur-le-champ à ces bâtiments l’ordre de faire voile à l’Est.

La frégate s’était déjà un peu éloignée, lorsqu’elle s’aperçut que nous nous dirigions vers Marseille. Ayant appris alors, des équipages des bâtiments marchands, que nous étions nous-mêmes chargés de coton, elle vira de bord pour s’emparer de nous.

Elle allait nous atteindre, lorsque nous pûmes entrer dans le port de la petite île de Pomègue. La nuit, elle mit ses chaloupes à la mer pour tenter de nous enlever ; mais l’entreprise était trop périlleuse, et elle n’osa pas la tenter.

Le lendemain matin, 2 juillet 1809, je débarquai au lazaret.


XLIII.


On va aujourd’hui d’Alger à Marseille en quatre jours ; j’avais employé onze mois pour faire la même traversée. Il est vrai que j’avais fait çà et là des séjours involontaires.

Mes lettres, parties du lazaret de Marseille, furent considérées par mes parents et mes amis comme des certificats de résurrection ; car, depuis longtemps, on me supposait mort. Un grand géomètre avait même proposé au bureau des longitudes de ne plus payer mes appointements à mon fondé de pouvoirs ; ce qui peut sembler d’autant plus cruel que ce fondé de pouvoirs était mon père.

La première lettre que je reçus de Paris renfermait