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XVI
INTRODUCTION.

d’un mot, l’autre au commencement du mot suivant, dans le corps d’une période du premier vers ou dans un hémistiche du deuxième vers, peuvent s’élider.

Ki-mi-ga ta-me | ha-ru-no no-ni i-de-te | wa-ka-na tsŭ-mu
Wa-ga ko-ro-mo-de-ni | yu-ki-va fu-ri tsŭ-tsŭ[1].

Cette élision toutefois n’est que facultative ; chaque voyelle peut conserver son autonomie et compter dans la mesure :

A-ke nu-re-ba | ku-ru-ru mo-no to-va | si-ri na-ga-ra
Na-ho u-ra-me-si-ki | a-sa-bo-ra-ke ka-na[2].

L’élision ne se produit jamais à l’endroit de la césure, où l’hiatus est conservé :

A-ta-ra-si-ki | to-si-no ha-zi-me-no | ha-tsû ha-ru-no
Ke-ô fu-ru yŭ-ki-no | i-ya-si-ke yo-go-to.

Ajoutons que les élisions peuvent avoir lieu entre un grand nombre de voyelles différentes[3], et même entre une voyelle et la syllabe fu qui, suivant les règles de la phonologie japonaise, sert à la formation de la syllabe ô long.

Quant à la nasale n à la fin des syllabes et des mots, elle est comptée pour une syllabe distincte, ce

  1. Voy. la traduction, p. 75.
  2. Voy. la traduction, p. 52.
  3. On trouvera, pour l’étude de la versification japonaise, des exemples variés de ces élisions dans les poésies de cette Anthologie, notamment les suivantes : a-a, p. 63 ; — i-i, p. 75 ; — o-o, p. 57 ; — e-i, p. 61 ; — o-a, p. 39 ; — o-i, p. 65 ; — o-u, p. 13 ; — i-a, p. 52 ; — i-ô, p. 72, etc.