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ANTHOLOGIE JAPONAISE.

Orient, est considéré comme un pronostic du froid, et on le retrouve avec cette signification dans les plus antiques ouvrages de la Chine[1].

Dans nos pays occidentaux, on tire chez les paysans, de la présence ou de l’attitude de certains animaux, des pronostics pour la pluie, le froid, le beau temps, etc. Le grillon par exemple a été également considéré comme le présage tantôt heureux, tantôt néfaste, des événements prochains. Il est en outre, dans nos campagnes, l’hôte du foyer domestique, et lorsqu’il vient chanter dans l’âtre, les cultivateurs sont persuadés que la saison sera rigoureuse. Comme beaucoup d’autres insectes, le grillon recherche la chaleur des habitations pour conserver la vie active qu’il perdrait s’il restait exposé aux intempéries de la saison. De même que la sauterelle, il est considéré aussi quelquefois comme le précurseur d’une année malheureuse[2]. C’est sous l’impression de ces idées populaires qu’il a été appelé à figurer dans les ouvrages de plusieurs de nos poëtes[3].

  1. Voy. notamm. Si-kin, I, xv, i ; Biot, Recherches sur la température ancienne de la Chine, p. 43 ; et, sur la cigale, les Mém. concernant les Chinois, t. XIII, p. 415. — Cf. le nom sanscrit du grillon vars akara, qui signifie « celui qui fait ou qui annonce la pluie ».
  2. Joa. Swammerd. Biblia naturæ, p. 864 ; Le Véritable Mathieu Lœnsberg, Bar-sur-Seine, 337e année, p. 232 ; Théophraste, De signis tempestatum, éd. Wimmer, p. 397.
  3. Alfred de Musset, Poésies nouvelles, Idylle, v. 11-12 ; Shakespeare, Macbeth, acte II, scène 2 ; Milton, Il Penseroso, v. 81-82 ; Gay, The Dirge, 5e pastor., v. 102-103 ; Jan Kochanowski, Poezye (xvie siècle), Polny swierszcz.