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HYAKOU-NIN-IS-SYOU.

Ces vers, tirés du Sen-zaï-siû, ont été composés par la fille de Taïra-no Tsŭ-gu-naka, seigneur de Sŭwo. Au deuxième mois (ki-saragi), il y eut une réunion dans un endroit appelé Ni-deô-no-in. Parmi les personnes invitées se trouvait une dame de haut rang du titre de Naï-si (dame de la cour). Comme cette dame exprimait le désir d’avoir un coussin pour appuyer sa tête, le daïnagon Iye-tada lui offrit son bras en la priant de s’en servir en guise de traversin. C’est alors que la dame lui répondit par ces vers.


たまくら ta-makura, pour てまくら te-makura, signifie « un traversin formé à l’aide du bras ». Par « le rêve d’une nuit de printemps », le poëte veut dire que Iyé-tada ne doit pas continuer à l’aimer, que son amour doit être passager. Par l’expression « sans compensation » (littér. « sans avantage »), la dame veut insinuer que, pour un attachement durable, elle ne refuserait pas de s’exposer aux propos malveillants, mais que l’amour du daïnagon ne saurait être durable.