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Page:Anthologie contemporaine, Première série, 1887.djvu/82

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PREMIERS VERS
À MON MARI

FEUILLES ÉPARSES

« HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE ! »
DEVISE DE L’ORDRE DE LA JARRETIÈRE

« Offrons tout ce qu’on doit d’encens, d’honneurs suprêmes,

» Aux dieux, à la beauté plus divine qu’eux-mêmes.»

(Art d’Aimer.A. Chénier.)

À toute heure, en tout lieu, je te chante, ô Beauté !
Toi de tous les anciens l’unique bienfaitrice,
Toi qui sur leur ruine étends en protectrice
Le manteau glorieux de l’Immortalité,
À toute heure, en tout lieu, je te chante, ô Beauté !
 
Je te chante en voyant un enfant, une rose,
Un marbre au doux contour sculptural et parfait,
Une femme divine, un jeune homme bien fait,
Un monument antique, une verveine éclose.
Je te chante en voyant un enfant, une rose.

Que de mal j’ai souffert avant de te trouver !
Oui, pour te posséder, divine enchanteresse,
Souvent le doux sommeil, touché de ma détresse,
Te montrait à mes yeux en me faisant rêver.
Que de mal j’ai souffert avant de te trouver !