Ouvrir le menu principal

Page:Anthologie contemporaine, Première série, 1887.djvu/139

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
8

Combien j’enviais leur paisible sécurité !

Toutefois, le mouvement de mon embarcation se faisait de plus en plus lent, et il vint un moment où son déplacement fut si insensible, qu’elle me parut immobile au milieu de la rivière.

Je profitai de cet arrêt pour m’étendre de tout mon long sur le dos, au fond de la barque, afin de pouvoir rêvasser à mon aise.



V


Au-dessus de ma tête se rejoignaient les branches des arbres qui s’élevaient sur les deux rives : quelques chênes, des ormes, des châtaigniers, des aulnes, des charmes, des saules, et d’innombrables peupliers.

Au haut de ces derniers, parmi les feuilles vertes ou jaunissantes, apparaissaient comme des taches noires. C’étaient des nids de pies, formés d’un lacis de menues branches sèches.

Plus bas, dans la sombre et épaisse ramure des ormes, des centaines d’oiseaux gazouillaient à qui mieux mieux. Ils réapparaissaient comme des ombres chinoises, sautant de branche en branche, voletant çà et là, se poursuivant, parfois se chamaillant avec colère.