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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/67

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fligé parce qu’il y a apparence que tu verras ton père ? « Non, non, non, non, répondit-il, en secouant la tête, moi ne le voir plus. Eh ! que sais-tu mon enfant ? lui dis-je. Oh ! répartit-il, lui mort long-tems, lui beaucoup vieux homme ». La chose n’est pas encore sûre, lui dis-je : mais enfin crois-tu que nous trouverons quelqu’autre de nos gens ? Il avoit sans doute les yeux meilleurs que moi : car quoique nous fussions à une demi-lieue de terre, montrant du doigt la colline qui étoit au-dessus de mon château, il s’écria : moi voir, moi voir beaucoup d’hommes, là, là & là. Je tournai les yeux vers cet endroit ; mais je ne vis rien, pas même avec ma lunette d’approche, ce qui venoit probablement de ce que je ne l’avois pas dirigée avec justesse. Il ne laissoit pas d’avoir raison, comme je compris le lendemain en examinant la chose : ils avoient été cinq ou six en cet endroit pour voir le vaisseau ne sachant qu’en penser.

Dès que Vendredi m’eut dit qu’il voyoit des gens, je fis mettre pavillon anglois & tirer deux coups de canon, pour leur faire entendre que nous étions amis, & un demi-quart d’heure après nous vîmes une fumée s’élever du côté de la petite baie. J’ordonnai en ce moment qu’on mît la chaloupe en mer avec un drapeau blanc en signe de paix, & prenant Vendredi avec moi & le jeune prêtre,