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ger notre route de propos délibéré, pour l’amour de vous : mon neveu le capitaine n’en pourroit jamais répondre devant les propriétaires, à qui il s’est engagé de continuer son voyage, après avoir touché au Brésil. Tout ce qu’il nous est possible de faire pour vous, c’est de prendre notre route du côté où nous pouvons nous attendre à rencontrer des navires qui retournent des Indes Occidentales, & de vous procurer par)là le moyen de passer en Angleterre ou en France. »

La première partie de ma réponse étoit si pleine d’humanité, & de générosité même, que ces messieurs ne pouvoient qu’en être extrémement satisfaits : mais il n’en étoit pas ainsi par rapport au reste, & les passagers sur-tout étoient fort consternés par la crainte d’être obligés d’aller avec nous jusqu’aux Indes Orientales. Ils me conjurèrent que, puisque nous étions tellement dérivés du côté de l’ouest avant que de les rencontrer, j’eusse du moins la bonté de suivre le même cours jusqu’au banc de Terre-Neuve, où peut-être ils pourroient louer quelque bâtiment pour retourner au Canada d’où ils étoient partis.

Je trouvois cette proposition raisonnable, & j’étois fort porté à la leur accorder ; je considérois que de traîner tout cet équipage jusqu’aux Indes, ne seroit pas seulement un parti triste &