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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/497

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avec impatience ; mais il nous fit faire une découverte fort désagréable. Les ennemis que nous croyions découragés par la réception qu’ils avoient reçue, s’étoient augmentés jusqu’au nombre de plus de trois cens, & ils avoient dressé dix ou douze tentes ou huttes, comme s’ils avoient pris la résolution de nous assiéger. Ils avoient placé ce petit camp dans la plaine, à un quart de lieue de nous. Nous fûmes tous fort concernés de cette vue, & j’avoue que, pour moi, je me crus, perdu avec tout ce que pavois de richesses avec moi. Quoique cette dernière perte eût été considérable, ce n’étoit pas celle-là qui me touchoît le plus ; ce qui m’effrayoit davantage, c’étoit la pensée de tomber entre les mains de ces barbares, à la fin d’un si long voyage, après avoir échappé à tant de dangers, & surmonté des difficultés si grandes & si nombreuses ; de périr à la vue du port, pour ainsi dire, & dans le momemt même que je m’étois cru dans une entière sûreté. Pour mon associé, sa douleur alloit jusqu’à la rage ; il protesta que la perte de ses biens, & celle de sa vie, lui étoient égales ; qu’il aimoit mieux périr en combattant que de mourir de faim, & qu’il se défendroit jusqu’à la dernière goutte de son sang.

Le jeune prince, qui étoit aussi brave que le