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nous trouvâmes à notre grande satisfaction, que c’étoit un terrein marécageux, & qu’il y avoit d’un côté une grande source d’eau qui se répandoit dans une espèce de petit lac, & qui à quelque distance de-là, étoit jointe par une autre source de la même grandeur. En un mot, nous nous vîmes justement auprès de la source d’une rivière considérable qu’on appelle Writska.

Les arbres qui croissoient à l’entour de cette source, n’étoient qu’environ au nombre de deux cens ; mais ils étoient fort serrés ; comme j’ai déjà dit, & revêtus d’un branchage extrêmement touffu ; en sorte que, dès que nous nous vîmes les maîtres de ce bocage, nous nous crûmes hors de danger, à moins que nos ennemis ne missent pied à terre pour nous attaquer.

Pour nous rendre encore cette entreprise plus difficile, notre vieux Portugais s’avisa de couper de grandes branches & de les laisser pendre dans les arbres, ce qui nous environna comme d’une fortification suivie.

Nous nous tînmes-là en repos, pour voir ce que les ennemis entreprendroient contre nous : mais ils ne firent pas le moindre mouvement pendant un espace de tems considérable. Enfin a peu- près deux heures avant la nuit, ils vinrent directement à nous, & quoi que nous ne nous en